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Publié par verdon-information

festival Asse Arcadie a Entrevaux

4 JUILLET 2026

 

Les Divins Saxons

Parcours spirituel entre théâtre lyrique et prière mariale

 

Benjamin Gaspon, traverso

Jean-Paul Serra, orgue

 

Ce programme explore la sonate pour instrument mélodique et clavier dans la première moitié du XVIIIème siècle, à travers trois figures majeures du baroque européen : Georg Friedrich Haendel (1685-1759), John Stanley (1712-1786) et Johann Sebastian Bach (1685-1750). Il met en lumière l’évolution du rôle du clavier — de la basse continue vers la partie obligée — ainsi que la transformation du langage instrumental entre style italien, tradition anglaise et synthèse germanique.

Haendel : la sonate en trio transposée

Les Sonates HWV 363b (sol majeur) et HWV 374 (la mineur) s’inscrivent dans la tradition de la sonata da chiesa italienne. On y observe l’alternance lent/rapide caractéristique, une écriture mélodique fondée sur la périodicité et la séquence, ainsi qu’un continuo structurant l’harmonie sans autonomie contrapuntique développée. Les mouvements de danse relèvent d’une stylisation intégrée à l’architecture de la sonate. Harmoniquement, Haendel privilégie des progressions séquentielles claires et des modulations vers les tonalités voisines.

Stanley : le voluntary anglais

Le Voluntary VIII op. 7 appartient à la tradition organistique anglaise issue de Purcell. Le voluntary se caractérise par une succession de sections contrastées et une alternance entre style homophonique et écriture fuguée. La fugue finale illustre une écriture contrapuntique maîtrisée, avec sujet clairement profilé et épisodes modulants relativement concis.

Bach : le clavier obligé

Les Sonates BWV 1032 et BWV 1031 représentent une étape décisive : le passage à la sonate pour clavier obligé et instrument mélodique. Le clavier est écrit sur deux portées avec main droite concertante, formant une texture réellement contrapuntique à trois voix. Les mouvements lents reposent sur des retards expressifs et une harmonie enrichie, tandis que les mouvements rapides adoptent une écriture imitative structurée et cohérente. Le Prélude de la Suite BWV 1007, transcrit pour flûte, repose sur un déploiement continu d’arpèges construisant implicitement la progression harmonique.

Ce programme permet ainsi d’observer trois états du langage instrumental baroque: continuité italienne chez Haendel, tradition nationale anglaise chez Stanley, et aboutissement contrapuntique chez Bach.

 

 

 

PROGRAMME

 

 

Georg Friedrich Haendel (1685-1759) 

Sonate en sol Majeur (HWV 363b) : Adagio – Allegro – Bourrée - Menuet

Sonate en la mineur (HWV 374) : Adagio – Allegro – Adagio – Allegro

 

Johnn Stanley (1712-1786)

Voluntary VIII en la mineur (opus 7) : Andante – Allegro – Adagio – Fugue

 

Johann Sebastian Bach (1685-1750)

Sonate pour flûte et clavier obligé en la Majeur (BWV 1032) :

Vivace – Largo e dolce – Allegro

 

Extrait suite pour violoncelle (BWV 1007) arrangement pour flûte : Prélude

 

Sonate pour flûte et clavier obligé en mib Majeur (BWV 1031) :

Allegro moderato - Siciliano – Allegro

Récital Église Notre-Dame de l’Assomption, Entrevaux, dimanche 5 juillet 2026

Olivier Baumont, orgue

Ce programme d’orgue s’inscrit dans la tradition du répertoire français des XVIIe et XVIIIe

siècles, à la croisée du sacré et du profane. Le manuscrit d’Entrevaux, attribué à Félix Delmotte

vers 1774, témoigne d’une pratique locale vivante, nourrie des grands modèles parisiens. Ses

pièces, telles que le Te Deum, les jeux doux ou les évocations naturalistes comme le Rossignol

coucou, illustrent la richesse des registrations et des caractères propres à l’orgue classique

français. À travers ces pages anonymes ou peu connues, se dessine un langage profondément

ancré dans la liturgie mais ouvert à l’imaginaire sonore.

Les œuvres de Michel Corrette prolongent cette esthétique en y ajoutant une dimension

pédagogique et descriptive, caractéristique de l’esprit des Lumières. Ses pièces mêlent clarté

formelle, expressivité immédiate et goût pour les tableaux sonores. Chez Beauvarlet-

Charpentier, la fugue affirme une rigueur contrapuntique héritée de la tradition, tout en

conservant une lisibilité accessible. Balbastre, quant à lui, incarne une écriture plus brillante,

tournée vers l’effet et la virtuosité, notamment dans les dialogues de grands jeux.

L’alternance entre pièces liturgiques et pièces de caractère reflète la diversité des usages de

l’orgue à la fin de l’Ancien Régime.

Ce programme met ainsi en lumière un moment charnière où l’orgue quitte peu à peu son

rôle strictement liturgique pour s’ouvrir à une dimension concertante. Les évocations

pastorales, les marches et les tambourins traduisent l’influence de la musique populaire et

théâtrale. Dans ce contexte, l’orgue devient un instrument de narration, capable de suggérer

des paysages et des affects variés.

L’interprétation d’Olivier Baumont s’inscrit dans une démarche historiquement informée,

attentive aux styles et aux registrations d’époque. Elle redonne vie à un patrimoine sonore

souvent méconnu, en restituant sa richesse et sa diversité. Ce récital constitue ainsi une

immersion dans l’esthétique française de l’orgue, entre tradition, invention et expressivité.

PROGRAMME

Sept pièces du manuscrit d’orgue d’Entrevaux, ayant appartenu à Félix Delmotte (c. 1774)

- Te Deum

- Duo

- Jeu doux

- Musette

- Rossignol coucou

- Dessus de trompette

- Cornet

Michel Corrette (1707-1795)

- Plein Jeu du VIe ton (Deuxième Livre de Pièces d’Orgue, Paris, 1750)

- 1ère Marche des Ombres Heureuses & 2ème Marche des Ombres heureuses (VIIIe Livre

des Amusemens du Parnasse, Paris, 1772)

- Les Etoiles (Premier Livre de Pièces de Clavecin, Paris, 1734)Jean-Jacques Beauvarlet- Charpentier (1734-1794)

- Fuga IV (Six Fugues pour orgue ou clavecin, Paris, 1777)

- Fuga III (Journal d’Orgue, Paris, 1783)

Claude Balbastre (1724-1799)

Quatre pièces extraites du Livre contenant des pièces de différents genres d’Orgue et de

Clavecin (Manuscrit autographe, Dijon, 1749)

- Duo

- Trio

- Concert de flûte et de voix humaine

- Dialogue Grands Jeux

Michel Corrette (1707-1795)

- Plein Jeu du 2e ton (Premier Livre de Pièces de Clavecin, Paris, 1734)

- Le Courrier (Premier Livre de Pièces de Clavecin, Paris, 1734)

- Les Amants Enchantés (Premier Livre de Pièces de Clavecin, Paris, 1734)

- 1ère Musette & 2ème Musette (Premier Livre de Pièces de Clavecin, Paris, 1734)

- 1er & 2e Tambourins (Premier Livre de Pièces de Clavecin, Paris, 1734)

- Grand Jeu avec le tonnerre (Pièces pour l’Orgue dans un genre nouveau, Paris, 1787)

 

Curieux, passionné et érudit, si les qualités de musicien d’Olivier Baumont sont très vite

reconnues, son sens aigu de la communication (master classes, conférences, émissions de

radio et télévision) et son bonheur d’être sur scène comme de partager avec d’autres arts son

goût pour les XVIIe et XVIIIe siècles (productions théâtrales, direction artistique du Festival de

Champs sur Marne, livres) sont également saluées et font de lui un artiste aux multiples

facettes, sollicité internationalement.

Sollicité par les principaux festivals français et étrangers, Olivier Baumont se produit dans de

nombreux pays : Allemagne, Autriche, Belgique, Biélorussie, Brésil, Canada, Croatie, Espagne,

Etats-Unis, Grande-Bretagne, Hongrie, Italie, Japon, Pays-Bas, Portugal, République tchèque,

Russie, Slovénie, Suisse et Turquie.

Régulièrement invité dans la série de concerts de la Philharmonie de Paris, il est à l’origine de

l’intégrale de l’œuvre de clavecin de Bach réalisée en 2014 avec une vingtaine de clavecinistes.

Il a participé en Juillet 2018 à une intégrale monumentale des Sonates de Scarlatti, pour le

Festival de Radio-France Montpellier.

Il initie et participe aussi un grand nombre d’émissions de radio et de télévision (France-

Musique, France-Culture, Radio Suisse Romande, BBC, FR3, Muzzik et Mezzo).

Également passionné de théâtre et de cinéma, il adapte avec Nicolas Vaude et Nicolas Marié

Le Neveu de Rameau de Diderot qui triomphe toujours depuis sa création en 2002. Il a

interprété et composé la musique du film de Stéphane Brizé, Une vie, d'après le roman

éponyme de Guy de Maupassant sorti en 2016. Il a créé en 2020 un spectacle musical avec Les

Comédiens Voyageurs et Marcel Bozonnet sur le destin tragique d’Henriette-Anne

d’Angleterre. Il se produit en outre régulièrement avec le comédien Denis Podalydès,

notamment dans un concert-lecture consacré à Marcel Proust et le clavecin.

Olivier Baumont a écrit un livre sur François Couperin (Découvertes-Gallimard), un autre surVivaldi (Gallimard-Jeunesse) et, en collaboration avec l’Établissement public du château de

Versailles et le Centre de musique baroque de Versailles, un vaste ouvrage sur La Musique à

Versailles (Actes Sud), et La Musique dans les Mémoires de Saint-Simon : ‘A l'Opéra Monsieur!’

(« L’Infini », Gallimard), et le Tombeau du jeune monsieur de Cinq-Mars, sorti en mars 2021

(Arléa). Son dernier livre D’une partition m’apparaissait un dessin est sorti à la fin de l’année

2024 (Bleu Nuit éditeur).

La discographie d'Olivier Baumont, régulièrement saluée par la presse internationale,

comprend une soixantaine d'enregistrements essentiellement en soliste, dont une vingtaine

pour le label Erato : parmi ces titres figurent une intégrale de l’œuvre pour clavecin de F.

Couperin (rééditée récemment et qui fait toujours référence), des pièces de Bach, de Purcell,

de Haendel, et de compositeurs russes et américains des Lumières. Sont aussi parus des

intégrales des œuvres pour clavecin de Rameau, de Chambonnières et de Daquin, un récital

d'œuvres de la fin de l'Ancien régime sur Orgue et Pianoforte (collection Tempéraments)…

Pour le label Aparté il a publié en 2017, avec Julien Chauvin (violon), un disque consacré à des

œuvres rares de Simon Simon, A. Dauvergne, J.P.Rameau, J.B.Cardonne… « A Madame ». En

l’année 2018 qui a marqué l’anniversaire de la naissance de François Couperin (1668-1733),

est paru chez NoMadMusic un enregistrement consacré aux Apothéoses de Couperin avec

Béatrice Martin (clavecin). Il a enregistré un disque « Un clavecin pour Marcel Proust » pour

le centenaire de la mort de l’écrivain, paru chez L’Encelade, en coproduction avec les Amis de

Marcel Proust et de Combray. Pour le label Plectra Music, il a réalisé une série de quatre

disques de musique française pour clavecin du Siècle des Lumières sur les prestigieux

instruments historiques de la Flint collection dans le Delaware : un programme d’œuvres de

Michel Corrette (sorti en 2024) et une intégrale des œuvres de Jacques Duphly (à paraître

début 2026).

Pédagogue accompli, Olivier Baumont est, depuis septembre 2001, le professeur de la classe

de clavecin du Conservatoire national supérieur de Musique et de Danse de Paris ; il a formé

nombre de clavecinistes dont beaucoup figurent parmi les plus doués et les plus actifs de la

scène musicale actuelle.

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